4 Mois après le massacre en septembre, l'armée allemande est en pleine retraite et évacue à marche forcée les quelques morceaux du territoire français non encore libéré. 

 

Le 16 septembre, en Haute-Saône, le général Sudre, de la 1ère division blindée, voit arriver un étrange cortège : ce sont quatre soldats français poussant une voiture d'enfant dans laquelle se trouve un colonel allemand : cet officier supérieur, véhiculé de façon aussi peu réglementaire, est le colonel von Alweyden, chef d'état-major du général SS von Brodowski, lequel n'est autre qu'un des responsables du massacre d'Oradour. 

 

Les quatre soldats français prisonniers de la Wehrmacht avaient reçu l'ordre de suivre le repli de celle-ci, en assurant le transport du colonel, qui, ayant les pieds en sang, ne pouvait pas marcher.

 

 Ils l'installent dans une voiture d'enfant

 

: « A dessein et malgré ses pleurnicheries, raconte le capitaine Berthet, par qui l'on connaît l'épisode, nos hommes prennent leur temps, traînent en longueur, s'attardent et parviennent ainsi à rester très en arrière du gros de la troupe ennemie. Bientôt, la voiture est seule. 

 

Les Français rejoignent alors la grand-route et se dirigent sur un village dont on aperçoit le clocher ». 

 

Trois jours plus tard, le 19, une patrouille du 2e régiment de reconnaissance de spahis découvre deux Allemands endormis dans une grange près de Corre, à quinze kilomètres de Jussey.

 

 L'un d'eux, surpris en plein sommeil, est précisément von Brodowski. 

 

Le bourreau d'Oradour n'a pas perdu son allure. Conduit au P.C. du Colonel Lecoq qui commande le régiment, il s'indigne que le général Sudre ne soit pas là pour l'accueillir. Malgré ses protestations on le fouille et on trouve sur lui son journal de marche prouvant sa responsabilité dans le drame d'Oradour, prouvant aussi qu'il sait travestir les circonstances du massacre ;

 

Voici en particulier comment il raconte l'incendie meurtrier dans l'église :

 

 « Une communication téléphonique en provenance d'Oradour me signale ce qui suit : 600 personnes ont été tuées. Toute la population mâle d'Oradour a été fusillée, les femmes et les enfants se sont réfugiés dans l'église.

 

L'église a pris feu. Des explosifs y étaient entreposés.

Toutes les femmes et les enfants ont trépassé.:" 

 

Ce meurtrier qui se double ainsi d'un faussaire, est incarcéré à la citadelle de Besançon.

 

 

 Quelques jours après, il cherche à s'évader et est abattu par une sentinelle F.F.I. Destin trop clément quand il s'agit du responsable d'actes aussi monstrueux. Le général SS a subi ainsi réellement le sort qu'il attribuait à ses victimes exécutées au mépris des lois de la guerre, lorsque sur son fameux carnet, pour donner le change, il inscrivait en face de leur nom : « Fusillé en cours d'une tentative d'évasion .»

Scans du journal Paris Presse relatant le cas Brodowski 

   
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