10 Juin 1944 : Horreurs dans l'Eglise 

 

Les femmes enfermées dans l'église avec leurs enfants ont une réaction unanime dès qu'elles s'entendent les coups de feux provenant du village 

:" On tuent nos hommes ! " s'écrient-elles .

Certains enfants s'étant assoupis à force d'avoir trop pleuré se réveillent .

La panique saisit tout le monde . Les maîtresses tentent de rassurer leurs élèves .

Nul ne sait qu'aucun n'homme n'est sorti vivant ni du chai Denis , ni du garage Milord , ni du garage Desourteaux , ni du hangar Beaulieu .

 

Les hommes on été fusillés et carbonisés sur place .

 

La porte de l'église s'ouvre .

 

Deux soldats entrent , portant une grande caisse .

Au milieu du silence devenu général , ils avancent . Au pas .

 

Leurs bottes caractéristiques des troupes allemandes martèlent le sol .

 

Apeurés les enfants laissent passer les allemands et rejoignent leurs mères .

 

Les deux SS déposent la caisse sur le maître-autel tandis que les femmes et les enfants reculent terrifiés .

 

Les deux soldats tirent deux ficelles blanches de la caisse , puis après réflexion transportent la caisse au milieu de l'église .

 

L'un des SS sort sans se retourner tandis que l'autre enflamme les deux mèches qui fusent en faisant jaillir des étincelles .

 

Il sort en courant de l'église et ferme la porte .

 

:" Pitié pour nos petits , pitié pour nous" hurlent les femmes en entraînant les enfants le plus loin possible de la machine infernale .

 

Toutes se ruent dans les chapelles , vers les murs , vers la sacristie , renversant des bancs , brisant des chaises .

L'engin n'explose pas .

Il dégage une épaisse fumée noire qui envahit l'église .

Il y a là près de deux cent cinquante femmes et plus de deux cents enfants qui piétinent tout .

 

Des bébés tombent des poussettes et meurent écrasés .

 

Des femmes se couchent sur leurs nourrissons afin de les protéger d'une mort qu'elles sentent venir .

 

Les hurlement fusent au-dehors par les vitraux brisés .

 

La porte de l'église s'ouvre , et les SS tirent au hasard dans le brouillard, les silhouettes courant en tout sens .

 

Sous la poussée des femmes désespérées , la porte de la sacristie s'écroule , apportant un peu d'air respirable .

Mais les SS sont déjà là vigilants .

 

Par les fenêtres ils mitraillent sans relâche les personnes voulant fuir .

 

De temps à autre l'explosion d'une grenade lancée dans la foule provoquant des hurlements d'enfants agonisants appelant leurs mères .

 

Cependant deux ombres se faufilent , enjambent le maître-autel grimpent au mur .

 

Des mains s'accrochent au Christ et à la pierre , parviennent à agripper les barreaux de la fenêtre de l'abside , à briser le vitrail .

 

Une tête se précipite alors par le trou pour happer l'air frais .

 

Marguerite Rouffrance s'accroupit alors dans l'embrasure et s'élance dans le vide .

 

Une chute de trois mètres . Saucée .

 

Elle s'apprête à courir vers les jardins pour s'y réfugier quand une voix l'appelle de la fenêtre de l'église :

 

:" Sauvez mon petit , sauvez mon petit Attrapez-le" .

Celle-ci est revenue au pied du mur et tend les bras .

L'enfant un bébé de quelques moi tombe sur la pierre .

La mère saute à son tour ramasse son bébé le serre sur sa poitrine et court vers le salut .

 

Mais les Allemands veillent toujours .

 

L'un d'eux aperçoit les deux femmes , épaule et tire .

 

Madame Rouffranche atteinte de plusieurs balles s'écroule derrière une murette . Elle n'est pas morte .

 

Elle se relève s'affale dans un potager au milieu de petits pois .

 

Derrière elle la jeune mère de vingt-trois ans Mme Joyeux veut se précipiter dans les cabinets du jardin du presbytère .

 

Elle n'a pas le temps d'en ouvrir la porte .

 

Elle tombe frappée à mort par plusieurs balles .

Elle et son enfant glissent à une vingtaine de mètres de Mme Rouffranche qui rampe pour se mettre à l'abri dans un sillon et se recouvrir de feuillage malgré les douleurs que lui procurent ses blessures .

 

Dans l'église , les nazis poursuivent leur carnage . Ils laissent la porte de l'édifice .

 

Personne ne se sauvera plus .

 

Ils prennent plaisir à entasser sur les corps des bancs des chaises et autres ustensiles .

Là encore comme sur les autres lieux de massacre , les SS veulent l'incendie pour dissimuler l'horrible forfait .

 

Des pastilles de phosphore , des produits incendiaires sont répandus .

 

L'église s'embrase en quelques secondes .

 

Deux enfants qui se sont réfugiés dans le confessionnal échappent au bûcher mais meurent totalement desséchés par l'intense chaleur du brasier .

 

La toiture s'écroule en entier à l'intérieur des murs épais de l'église .

 

Des gerbes de feu hautes de trente mètres jaillissent vers le ciel fondant le bronze des cloches .

 

Des personnes les distinguent à vingt kilomètres à la ronde en ignorant ce qui se passe exactement .

 

Photos de l'Eglise 

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