10 Juin 1944 : Le Rassemblement 

Le matin du samedi 10 Juin 1944 



8 heures :

C'est un oradour de tous les jours qui se réveille , les gens se préparent à une longue journée , en effet ce samedi c'est la distribution de tabac et la population d'oradour et des environs attends de se faire vacciner .



9 Heures :


Dikmann convoqua le lieutenant Kleiss de la Gestapo et quatre miliciens , 
à l'hôtel de la gare   de Saint Junien pour mettre au point la destruction d'Oradour sur Glane  .

Le patron de l'hôtel de la gare se souvient avoir entendu plusieurs fois le nom d'Oradour ce jour-là .

Les maquisards harcelaient les divisions allemandes dans le secteur .


Par ailleurs Helmut Kämpfe, le meilleur ami de Dickmann avait été enlevé et fait prisonnier par la Résistance à l'Est de Limoges .

( A 60 Kilomètres d'Oradour sur Glane ce qui rend peur crédible la justification du massacre ) .

Ces 2 Incidents ont permis aux SS de tenter de se justifier par rapport au crime qu'ils allaient commettre quelques  heures plus tard à Oradour .

 

Helmut Kämpfe

 

 

L'arrivée des SS :

 

Le type de blindés à chenilles  que les habitants d'Oradour on vu passer devant eux : Sd.Kfz 257

 


Il est un peu plus de 14 heures .



Bien que des gens sont encore à table , en famille ou dans les restaurants , lorsque, soudain, dans le bas du village , on voit arriver trois camions allemands et deux blindés à chenilles roulant en tête, qui montant par la rue principale , la rue Emile Desourteaux vont s'arrêter à 800 mètres environs de la sortie ouest derrière les maisons de la route de Confolens à hauteur du domaine de Bel-Air .

Les camions stationnent là tandis que les deux blindés font demi-tour franchissent le pont sur la Glane et vont s'installer à la sortie est , sur la route de Limoges à Puygaillard et les Brégères .

 

Une fusée blanche est lancée pour informer les autres groupes que le poste est atteint .

Cinq autres camions sont restés sur la route de Saint-Junien , à l'Auze , à 1,500 km environ de l'entrée du village .

Les trois groupes barrent donc les trois princpales voies d'accès de la localité .Ils  sont entre 160 et 200 hommes .


Les gradés installent un cordon de sentinelles qui reçoivent l'ordre d'empêcher quiconque de sortir du village et le cas échéant de :" tirer".

Dès la mise en place terminée , les hommes restant dans chaque groupe se déploient en arc de cercle et commencent à refouler brutalement vers le centre du bourg tous les habitants qui se trouvent des les champs et dans les fermes , sans distinction d'âge ni d'état .

Un grand mutilé de 14-18  fut frappé sans pitié , une vielle femme courbée sur ses bâtons et qui n'avançait pas assez vite non plus fut abattue à coup de mitraillette .

Abattus aussi , MM. Michel Avril , Foussat , Lachaud , Villoutreix et bien d'autres...


Pendant ce temps, les habitants du bourg n'avaient  qui n'avaient pratiquement jamais vu d'allemands regardaient arriver les SS , sans plaisir certes , mais c'est la curiosité qui l'emportait sur la crainte .


C'est ce qui ressort des rares rescapés parmis   lesquels il y a évidemment ceux qui tout de suite alarmés , inquiets pour des raisons évidentes d'ailleurs...

( anciens prisonniers de guerre évadés , ...) cherchèrent à se dissimuler au plus vite alors que leurs voisins trouvaient ces craintes vaines..

Mais enfin dans les rues , on entend le tambour municipal , M.Depierrefiche , indiquer à tous les habitants sans exception de se rendre sur le champ de foire munis de leur papiers pour vérification d'identité .

Cet :" avis à la population" et surtout des coups de feu qui éclatent dans les environs tirés sur les fuyards donnent l'alarme .

Déja les SS fouillent les maisons et chassent tous les habitants vers le champ de foire .

Chacun se trouve dans la tenue où la rafle l'a surpris : 

- Paysans en costume de travail , boulanger torse nu, malades à peine habillés ..comme Mme Binet qui arrive en pyjama et revêtue de son manteau...

Tous ces braves gens ne comprenaient  absolument rien à ce qui leur arrivait ni à ce que l'on attendait eux .

Pendant ce temps , les camions faisaient la navette ramenant à chaque fois de nouveaux chargements de :" malheureux ramassés" dans les villages et hameaux  voisins . 
 

 

L'encerclement du village : propriété de l'image : oradoursurglane.free.fr/

 

Rassemblement :

 

Rassemblement de la population sur le Champ de Foire :

image scannée du livre :" Oradour : le drame heure par heure  : par Robert Hébras survivant de la grange Laudy " .

 


A 15 heures , quand toute la population eu été rassemblée sur le champ de foire , les Allemands les divisèrent en deux groupes : 

A gauche les hommes qui furent alignés sur trois rang le long des immeubles et face tournée vers le mur .

A droite les femmes et les enfants qui   encadrés par une dizaine de SS furent ensuite conduits à l'église.

A un moment donné  arrive le vieux docteur Paul Desourteaux , président de la délégation spéciale , maire d'Oradour .

Ayant appris son identité et sa qualité , le chef du détachement assisté d'un interprète civil lui dit brutalement : ' Vous allez me désigner des otages" .

Le maire , très digne , répliqua qu'il lui était impossible d'accéder à cette demande .
IL fut alors conduit par l'officier à la mairie , mais revint seul au bout d'une dizaine de minutes et reprit sa place sans  mot .

L'interprète revient à la charge 
:" Avez-vous choisi des otages ?" .

:" Oui , moi-même , si cela ne suffit pas , les membres de ma famille" .

Il avait six enfants dont une fille qui habitait Clermont-Ferrand .

Seul des garçons , Hubert, trente-six ans , célibataire , garagiste , prisonnier de guerre évadé s'échappa au moment de la rafle , en se cachant au fond de son jardin .


Quelques instants plus tard , l'officier revenait à son tour et annonçait , que des dépôts d'armes ayant été signalés dans le village, on allait procéder à des perquisitions .

Tous les habitants qui connaissaient ces dépôts ou qui détenaient ces armes devaient sortir des rangs .

Un homme , monsieur Lamaud , déclara avoir une carabine de 6mm 

:" calibre autorisé par la préfecture" ajouta-t-il . 


L'Allemand répliqua qu'elle ne l'intéressait  pas . Ce fut tout . Aucun de dépôt ne fut signalé et pour cause .

Alors, sur un signe , et comme si l'opération avait été minutieusement réglée ,( au procès on saura que des instructions précises avaient été données aux gradés ) , les hommes furent rapidement divisés en six  groupes comptant de 30 à 60  ou 70 personnes , chaque groupe fut dirigé vers l'un des locaux les plus vastes que comptait le village :  


 

- Le hangar laudy 

- La remise et la forge Beaullieu 

- le chai Denis

- le garage Desourteaux

- le garage Milord 

- La Grange Bouchoule 

Lieux où furent rassemblés les hommes 

 

image scannée du livre :" Oradour : le drame heure par heure  : par Robert Hébras survivant de la grange Laudy " 

 

Les Ecoles :


Ce jour-là les écoles ont fait leur plein , car , l'après-midi , les élèves doivent passer une visite médicale .

Elles sont envahies presque simultanément par les SS qui réunissent les élèves et leur demandent de les suivre au champ de foire .

Heureux d'avoir une récréation supplémentaire, tous partent , contents et confiants avec leurs maîtres , sous la conduite de leurs bourreaux .

De cette tragique promenade , un seul est revenu , un jeune  Lorrain , Roger Godfrin , 
âgé de 7 ans et demi , qui connaissant les Allemands s'échappa par le jardin de l'école sur le conseil de ses parents .


IL disparu dans les bois . On le retrouva le lendemain seul survivant de sa famille , son père, sa mère et ses quatres frères et soeurs ayant été massacrés .

 

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