La France sous le nazisme 

Paris, ville ouverte. Le 14 juin 1940, après plus d'un mois de combat, les troupes allemandes entrent dans la capitale.

 

La Radio de l'Allemagne nazie annonce au peuple allemand la chute de Paris.

 

C'est le début de l'Occupation ...

L'Occupation 

L'Occupation allemande de la France commence avec l'armistice du 22 juin 1940 et s'achève avec la Libération du territoire en août 1944. La France, d'abord divisée en deux zones, la zone occupée au Nord et la zone dite « libre » au Sud, qui est sous l'autorité du régime collaborationniste de Vichy, se trouve de fait inféodée à l'Allemagne nazie durant cette période.

Comme tous les pays occupés, la France a fait l'objet d'un pillage économique, humain, financier ainsi que territorial de la part des Allemands.Le Régime de Vichy mène de manière autonome la persécution des Juifs. La vie en France sous l'Occupation allemande se caractérise par la pénurie et par la répression.

La vie des Français a d'abord été marquée par les pénuries. 

 

Elles s'expliquent par différents éléments

 

:-la pénurie de main d'œuvre (un million et demi de Français sont prisonniers en Allemagne) et de sources d'énergie (charbon, électricité) affectent la production

 

;-les réquisitions allemandes en diminuent la part disponible pour les Français

 

;-la désorganisation des transports et le blocus allié aggravent la situation.Le manque de nourriture :

 

Les problèmes de ravitaillement touchent rapidement les magasins français qui manquent de tout. Face à ces difficultés de la vie quotidienne, le gouvernement répond en instaurant les cartes de rationnement et autres tickets d'alimentation avec lesquels on pouvait se procurer les produits de première nécessité alimentaires (pain, viande, poisson, sucre, matières grasses, etc…) ou non-alimentaires (produits ménagers, vêtements, etc…). Même le tabac et le vin furent rationnés.

 

Chaque Français était classé par catégorie en fonction de ses besoins énergétiques, de l'âge, du sexe et de l'activité professionnelle de la personne. Chacun recevait alors la ration en rapport à la catégorie à laquelle il appartenait  .Le manque de matières premières :En 1939, la consommation de carburant en France était de 3 millions de tonnes, tandis que la production métropolitaine était de 50 000 tonnes. Après l'armistice du 22 juin 1940, il ne restait que 200 000 tonnes en réserve.La mise en service de gazogènes permit la réduction de la consommation, durant l'Occupation allemande, à environ un quart de celle avant-guerre.

 

Là aussi, des ersatz remplacèrent plusieurs produits devenus rares : le gazogène à la place de l'essence, le buna en remplacement du caoutchouc... Le cuir faisant également défaut, les semelles des chaussures étaient en bois.Malgré l’armistice, la guerre continue, et l’armée allemande présente en France est la cible des Alliés. 

 

Avec environ 75 000 victimes et 550 000 tonnes de bombes déversées, la France est, après l'Allemagne, le second pays le plus touché par les bombardements alliés de 1940 à 1945 sur le Front de l'Ouest .  Ceux-ci furent particulièrement intenses en 1944, à l'occasion de l'opération Overlord, avec en particulier le bombardement du 26 mai 1944.

Le couvre-feu et la Défense passive 

Afin de tenter de prémunir au maximum la population des bombardements, la Défense passive prit de nombreuses mesures de protection notamment par l'instauration d'un couvre-feu.

Ainsi, l'organisation fournissait aux habitants des tissus de coton bleu marine qui permettait d'occulter les fenêtres si on ne pouvait fermer les volets. Dans les trains, les ampoules étaient peintes en bleu. Tout ceci afin d'empêcher aux bombardiers alliés de pouvoir facilement repérer leurs cibles la nuit tombée.Des sirènes d'alerte (voir Alerte aux populations) annonçaient préalablement l'approche des escadrilles de bombardiers, ce qui permettait aux civils de se réfugier dans des abris souterrains (caves, métro, etc…).L'autre effet du couvre-feu était de tenter de limiter les activités clandestines liées notamment à la résistance (sabotage, parachutage, etc…) qui se déroulait souvent la nuit. Ainsi, les sorties nocturnes sans autorisation était interdites sous peine d'être arrêté.

Le S.T.O 

Le STO :Pour contenter les besoins de main-d'œuvre du Troisième Reich dont les soldats se trouvaient au front ou dans les territoires occupés, le régime de Vichy devait fournir à l'occupant 150 000 ouvriers qualifiés nécessaires au bon fonctionnement de l'industrie de guerre allemande, contre la libération de 50 000 prisonniers de guerre français retenus en Allemagne. 

Une propagande fut donc instaurée, comme celles glorifiant le « sacrifice » du soldat allemand devenu l’ultime rempart contre le bolchévisme (« Ils donnent leur sang - Donnez votre travail pour sauver l'Europe du Bolchévisme » disait une célèbre affiche de l’époque) incitant les candidats à partir travailler volontairement Outre-Rhin. Cette « relève » s'étant soldée par un échec, le régime de Vichy utilisa alors la contrainte en instituant le STO : « Service du travail obligatoire » à la place du service militaire, ce qui conduisit de nombreux jeunes réfractaires à rejoindre les maquis.

La Ligne de démarcation 

Pour passer de la zone occupée (au Nord) à la zone libre (au Sud), les Français étaient obligés de franchir la ligne de démarcation, véritable « frontière intérieure » gardée par les soldat allemands, soit de façon officielle en obtenant très difficilement un Ausweis (carte d'identité) ou un Passierschein (laissez-passer) auprès des autorités d'occupation après maintes formalités ; soit clandestinement par l'intermédiaire d'un « passeur » lié aux nombreux réseaux de résistance.Il existait également une troisième zone qui sépare l'Alsace-Lorraine annexée de la zone occupée, destinée à devenir une zone de « peuplement allemand ».L'accès aux côtes située entre la frontière belge et la frontière espagnole était également interdite et leur accès soumis à restriction.

L'Ecole 

Les enfants devaient chanter Maréchal, nous voilà ! Le portrait de Philippe Pétain trônait sur les murs des classes, créant ainsi un culte de la personnalité en la personne du maréchal. La propagande était présente jusque dans l'éducation pour former les jeunes aux idées du nouveau régime de Vichy. Cependant, contrairement à d'autres pays occupés, comme la Pologne où les élites enseignantes furent liquidées, il n'y eut pas de reprise en main idéologique, comme des mutations ou des emprisonnements d'enseignants, sauf en ce qui concerne les enseignants juifs, francs-maçons, communistes, résistants, dont bon nombre furent révoqués, ou emprisonnés et, pour certains d'entre eux, exécutés.Globalement, les programmes ne furent pas modifiés. Dans le secteur privé catholique, de nombreux chefs d'établissements cachèrent des enfants juifs en les scolarisant jusqu'à la fin de la guerre.

Journaux et radios :

La plupart des journaux sont contrôlés par les services de la censure, quelques journaux clandestins arrivent à être publiés et distribués sous le manteau, d'autres journaux choisissent ouvertement la collaboration, écrivant une page noire de l'histoire de la presse écrite.La radio est aussi contrôlée par le régime de Vichy (Radio Paris, la Radiodiffusion nationale dont Radio Vichy), il n'y a pas d'émetteurs clandestins (installation trop lourde à mettre en place et trop facilement repérable).Le contrôle de l'édition se réalise aussi au travers de la répartition du peu de papier disponible au travers du Comité d'organisation des industries, arts et commerces du livre (COIACL).

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