Le massacre de Maillé 

  

Massacre de Maillé : 25 Août 1944

 

Faut-il présenter cette petite bourgade de Maillé ?

C'est au jardin de la France, aux abor du Poitou à 40 kilomètres au sud de Tours .

 

La Vienne vient de recevoir la Creuse et se dirige vers le Nord .

Maillé avec ses moellons blancs , s'est bâti au renflement d'une petite colline qui s'adosse à la rivière . 

Le pays est tout proche de la route nationale :" Paris-Bordeaux" qui dégringole par la rampe de Beauvais du plateau de :" Sainte-Maure" que la ligne de chemin de fer contourne .

Les murs d'une propriété , très belle autrefois :" Le Château d'Argenson" la bordent au nord et à l'ouest : 

La vois ferrée Paris-Bordeaux , électrifiée contient le village vers l'est tandis que la route de Sainte-Maure à Nouâtre la traverse .


La population de Maillé est agricole :

Chacun possède une petite exploitation où grâce a la richesse du sol on peut produire ce qu'il faut et qui suffit à ce petit village de vivre .


Si la commune atteint le chiffre de 627 habitants dont 87 enfants en âge scolaire , le bourg lui même est assez restreint . 

241 personnes : cultivateurs , commerçants , occupent 60 immeubles .


Un petit cours d'eau , :" Le Réveillon" bordé de peupliers , une belle église à porche avec une porte du 19ème sicèle donnent à ce village un endroit où s'exprime la douceur de vivre .

 

Eglise

 

L'église de Maillé vue du passage à niveau 195 .

A droite la ferme de :" La Cure" habitée par la famille VOISIN .

Tout le bétail fut tué dans le pré..

 

Occuppation

 

Dès Juin 1940 , Maillé est occupée par les allemands .

Les officiers allemands logent chez les habitants , les soldats montent des baraquements .

Sur l'un d'eux , ils peignent un aigle qui enserre dans ses griffes la couronne à croix gammée et ils inscrivent ce texte d'Hitler

 

:" Personne sur terre ne nous aide nous nous aidons seuls" .
Par une triste coïncidence , ces dans ce baraquement que devaient être déposés les cadavres des victimes du massacre de Maillé .

 

Le Contexte du massacre

 

Le Contexte du massacre :

 
En été 1944, la libération est proche et la résistance s'active dans la région.

 

Par trois fois déjà, des résistants ont fait sauter la voie de chemin de fer, dont deux fois en pleine gare de Maillé.

 

Et puis, le 11 août 1944, le pilote d'un avion anglais sautait en parachute de son appareil abattu par la D.C.A.

 

Malgré les patrouilles, le pilote n'a pas été retrouvé.

 

 Il a probablement bénéficié de complicités dans le secteur de Maillé.

Si ces incidents ont pu irriter l'occupant, ce qui déclenche le massacre, c'est l'attaque d'une patrouille allemande par les FFI, dans la commune.

Le 24 août, aux alentours de 19h00, un camion des résistants muni d'un fusil-mitrailleur fait irruption dans une ferme du nord de Maillé pour se ravitailler.

 

Au même moment, deux voitures de l'armée allemande remplies de soldats et d'officiers, passent en trombe devant la ferme.

 

 L'occasion semble peut-être trop bonne pour les résistants.

 

Ils attaquent les deux voitures allemandes.

La fusillade dure 3/4 d'heure. Il y aurait des blessés voire des morts du côté allemand.

Aussitôt après l'attentat, un soldat allemand tente des représailles dans une ferme voisine, mettant en joue la famille rassemblée dans la cour.

 

Le premier coup de feu est manqué .

 

 Le temps de recharger l'arme et la famille disparait dans les champs. Le soldat n'insiste pas.

Le sous-lieutenant Gustav SCHLUETER, commandant le gîte d'étape de Sainte-Maure fait partie du convoi attaqué.

 

 

 Il aurait signalé par téléphone, au colonel STENGER, commandant d'armes à Tours que "des terroristes avait tiré sur sa voiture à proximité de maillé" et lui aurait demandé "s'il devait engager une action contre ces terroristes".

 

 

 Le sous-lieutenant SCHLUETER se serait autorisé d'une formule assez imprécise d'acceptation pour organiser le massacre de la population de Maillé.

 

Le jour du massacre

 

 

 

Préparation :


Le sous-lieutenant Gustav SCHLUETER, commandant du gîte d'étape de Sainte-Maure, organise le massacre.

 

Cet homme est un nazi, inscrit au parti depuis 1931

 

. Avec le seul mot de "terroristes", il obtient toutes les autorisations

 

. Dans la nuit, il fait déplacer deux pièces d'artillerie afin de bombarder Maillé depuis les hauteurs.

 

Il obtient des moyens de transport et des hommes. Il fixe l'attitude des trains qui, passant le long du bourg le lendemain, devront tirer sur le village.


Le lendemain matin, aux environs de 8 heures, des soldats se postent au sud-est du village avec une dizaine de voitures camouflées par des branchages.

 

 Ils interdisent l'accès au bourg.

Au ce moment, une escadrille d'avions anglais, attaquant un train, mitraille l'une des pièces d'artillerie destinée au bombardement de Maillé, la mettant hors d'usage

 

. Le passage des avions a détourné l'attention de la plupart des villageois sur ce qui allait se passer.

 

Ils ont pris les premiers incendies pour les conséquences de l'attaque alliée.

 

. Les gens ont été traqués dans les champs, dans les maisons, les jardins, les caves... On les a mitraillés, fusillés. Certains ont été égorgés, d'autres étaient brûlés au lance-flamme.

 

Le bétail est abattu lui aussi.

 

Ensuite, après avoir massacré une famille, les allemands mettaient le feu aux bâtiments.

Seuls ont échappé à la mort les personnes qui ont pu se cacher avant l'arrivée des allemands ou qui ont simulé la mort sous des cadavres.

D'après les survivants, les massacreurs étaient jeunes, habillés de vert. Ils riaient.

Impossible de concevoir qu'ils n'étaient pas drogués ! 

Les massacreurs progressaient du sud vers le nord du village. Ils sont partis vers midi. Par deux fois, ils ont laissé une signature : un simple billet sur lequel est écrit : 

: "C'est la punition des terroristes et de leurs assistants ".

 

Bilan : 124 victimes : 48 enfants ,41 femmes et 35 hommes .
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