Les assassins après le crime 

 

Leurs crimes accomplis , les S.S commencèrent à piller les maisons

( Argent , bijoux , vins ,nourriture ) , puis se rendirent à Nieul pour y passer la nuit dans une cour d'école .

Tous les habitants sont d'accord pour signaler qu'à leur arrivée à Nieul les Allemands étaient en proie à une excitation extraordinaire.

 

Ils se répandirent dans les rues en poussant des cris.

 

Ils ont déclaré avoir été surpris par le calme et la correction de l'accueil de la population qui ne savait encore rien de ce qui s'était passé à Oradour.

 

Ils se sont montrés très méfiants.

Les officiers décidèrent de ne pas se séparer et de coucher dans la même pièce.

 

On rentre d'une dure " expédition ". On a eu chaud ! On boit, on boit beaucoup! On passe une partie de la, nuit à se laver dans les lavabos de l'école.


Il y a des taches qui sont difficiles à enlever ! On gaspille vivres et vins.

Et c'est la grande ripaille ! On boit, on mange, on hurle ! On profère des menaces de mort et d'incendie. De jeunes femmes sont obligées de prendre la fuite.

 

M. Bouty, directeur d'école à Nieul, nous a fait, à ce sujet, la déclaration suivante :

" Les S. S. sont arrivés à Nieul, le samedi 10 juin I944, vers 22 heures; leurs camions, précédés d'une auto-chenille, se sont arrêtés sur la place devant le groupe scolaire.

Aussitôt, les soldats allemands sont descendus de leurs véhicules et, peu après, un petit groupe de trois ou quatre hommes s'est dirigé vers l'école.

" L'un d'eux a donné de violents coups de botte dans la porte fermée de mon habitation.

J'ai ouvert aussitôt et un soldat qui parlait un peu le français m'a demandé:

" École pour 150 bonshommes ? " J'ai indiqué les classes qui avaient été réquisitionnées la veille par un détachement de soldats allemands en même temps que les deux chambres de mon logement personnel et de nombreuses autres chambres du bourg.

Les soldats se sont installés dans les classes, et, durant toute la nuit, de nombreux camions ont évolué dans les cours de récréation.

Les officiers qui devaient occuper les chambres de mon appartement ne sont pas venus.

 

J'ai appris, plus tard, qu'ils s'étaient fait porter des matelas dans la salle d'un bâtiment communal où ils passèrent la nuit.

" Le lendemain, dimanche, les soldats allemands se sont fait préparer des repas dans les maisons du bourg de Nieul, avec des volailles qu'ils avaient apportées vivantes dans des sacs.

 

" Après leur départ, j'ai trouvé, sur la pelouse, devant mon logement, un pot de confiture de ménage et une bouteille de liqueur pas tout à fait vides. Sous le préau de l'école une douzaine de poulets morts dont quelques-uns étaient décapités et plumés. "


M. Michot (Paul), monteur au poste émetteur de Nieul, gendre de M. Laroudie, boucher, précise :

" Dans la maison de mon beau-père les Allemands ont débouché des bouteilles de vin vieux qu'ils avaient apportées et qui ont été retrouvées vides après leur départ.

Ils étaient porteurs de nombreux jambons. Ils ont grillé dans la cuisine du café vert. Ils avaient des lapins et des pigeons à profusion. "

 

Nous avons demandé à M. Bouty s'il avait remarqué dans les mains des Allemands des objets de provenance suspecte. Celui-ci a répondu

: " J'ai vu, dans des camions, des soldats allemands enveloppés de couvertures qui n'avaient rien de militaire.

J'ai vu aussi, le dimanche, dans la cour de l'école, des soldats qui jouaient avec deux bicyclettes neuves qu'ils ont brisées en riant et en poussant des exclamations. Le lundi 12, après le départ de ces troupes, j'ai recueilli les cadres de ces deux bicyclettes.


L'un d'eux portait une plaque d'identité au nom de Barthélemy, Oradour-sur-Glane.

" En outre, une motocyclette appartenant à M.. Leblanc, d'Oradour-sur-Glane, a été retrouvée dans l'étang du parc. "


Durant l'occupation de Nieul se déroula la scène qu'on attendait ! Dans deux maisons, peut-être dans d'autres, mais sûrement dans deux, on a distribué de l'argent.


Serait-ce le partage du butin d'Oradour ?

Nul n'en doute dans le village M. Michot déclare :


" Un S. S. qui logeait dans la maison de mes grands parents a réparti entre ses camarades, par la fenêtre de la salle à manger, des billets de banque qu'il retirait de deux vastes cantines.


Les Allemands ont circulé dans le bourg les mains et les poches pleines de ces coupures. "

Nous avons demandé à Mme Riffaud, qui tient un restaurant à Nieul, quelle avait été l'attitude des Allemands dans cette localité.

Elle a répondu

: " J'ai reçu chez moi des Allemands qui étaient porteurs d'un canard vivant enfermé dans un sac. Ils m'ont demandé de le mettre de côté pour pouvoir l'emporter lors de leur départ de Nieul.


Comme je leur représentais que cette bête risquait fort d'étouffer dans ce sac, l'un d'eux m'a répondu que s'il crevait, mon mari et moi serions kapout le lendemain.

 

J'ai répliqué : " Après vous avoir servi toute la journée, vous ne feriez sûrement pas ça !

 

" Ils m'ont répondu : " Oh ! Madame,nous avons fait pire !... Une balle ne fait qu'un tout petit trou ! "


En prononçant ces paroles, il me visait avec son revolver.


Ces mêmes Allemands, sur mon refus de leur indiquer les chambres des bonnes, employées dans l'établissement, m'ont menacée de me faire fusiller ainsi que mon mari et d'incendier la maison.


J'ajoute qu'ils ont tué, sur la route de Bellac, un jeune homme de 15 ans, M. Doumeix, de Fougerat, qui en les voyant avait tenté de prendre la fuite. "


M.. Bouty signale en outre

: " Pendant toute la journée du dimanche, des soldats allemands sont restés installés dans les camions.

 

Il est évident que les S. S. n'avaient pas la conscience tranquille.

 

Ils réalisaient fort bien la gravité du forfait accompli; aussi redoutaient-ils les représailles d'une population exaspérée et qu'ils pensaient peut-être susceptible de se révolter. 

 

De temps en temps, un ou plusieurs de ces véhicules partaient dans la direction des localités voisines.


J'ai appris qu'au cours d'une de ces expéditions, un détachement avait incendié le château de Morcheval, voisin de Nieul. "

 

Sacoche de SS découverte par M. Villoutreix dans le champ de Monsieur Belivier

 

 

Carte postale trouvée dans la sacoche et son enveloppe  .

Il semble que les SS posent devant un village incendié probablement sur le front de l'Est .

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