Témoignage de Martial Brissaud 

 

En 1944, il a 18 ans .

Son père et lui sont charrons .

Le 10 Juin Martial Brissaud perd :

Sa mère , Marie 45 ans, sa soeur Francine 20 ans,son père Marcel,52 ans ;

toute sa famille.

Toutes les marques d'une vie qui commençait juste.

Maison détruite , habits brûlés;

A lui aussi il ne restera plus rien.

:" Ce 10 Juin vers 14 Heures, j'étais descendu voir mon copain Hébras qui habitait dans le milieu du bourg.

Soudain, nous avons vu arriver cinq-voitures-cehnilles avec plein de soldats armés de mitraillettes qui montaient vers le haut du bourg où j'habitais. Les soldats riaient....


Tous les gens sont sortis voir ce qui se passait. Les cinq véhicules s'étaient arrêtés un peu au-dessus de chez moi à l'embranchement de la route de Cieux.

J'ai rencontré mon copain Bardet . Nous avons jugé prudent de nous cacher de crainte qu'ils ne viennent ramasser les jeunes.

Je suis remonté vers chez moi . Trois voitures redescendaient . Je me suis vite caché dans le chais de Denis , le marchand de vin .

 

Quand les voitures on été passées , je suis ressorti. J'ai rencontré l'instituteur et le maire qui m'ont demandé où je partais si vite .

Je leur ai dit que j'allais me cacher .

 

Ils m'ont répondu en blaguant

:" Tu nous diras demain où était ta cachette".

 

Pour remonter chez nous, je suis passé derrière la gare afin que les Allemands ne voient pas où j'habitais.

Arrivé chez mes parents , j'ai rencontré Paul Tessaud , réfractaire au STO . Nous avons decidé de nous cacher tous les deux .

Arrivés au bout du jardin , c'était déja trop tard .

Tout le haut du bourg était cerné .

 

Paul Tessaud à alors pensé préférable de nous cacher séparément .

 

Je ne devais plus le revoir...

J'ai dit à mes parents que je montais me cacher dans le grenier dont l'accès était par l'arrière de la maison .

 

Je me suis glissé sous un tas de planches.

Quelques moments après, j'ai entendu mes parents monter dans les chambres . Ma soeur Francine a dit

:" Et Mimi qu'est-ce qu'on en fait ?"

 

Mes parents :

 

" Laisse-le , il est caché" .

Je les ai entendus redescendre , fermer la porte....puis le silence.


Plus tard, j'ai entendu les rafales de mitraillettes et, sous mon tas de planche, j'avais très peur.


Puis les rafales se sont espacées, on n'entendait plus que quelques coups ici ou la.

J'ai décidé de sortir de ma cachette. Arrivé en bas de l'échelle, j'ai entendu dans la maison un Allemand qui montait quatre à quatre l'escalier des chalbres .

 

Il a attrapé la poignée de la porte derrière laquelle j'étais, mais c'était une porte condamnée .

 

Il n'a pas insisté.


IL a visité trois fois les chambres .

Un groupe est entré dans la cuisine et je les entendais tout casser .

 

Dans la salle à manger, ils ont saccagé le buffet .

 

La cuisinière était arrivée au milieu de la cuisine .

 

Ils ont tout écrasé.

 

Ils criaient comme des fous.

Tout d'un coup , j'ai entendu des craquements et de la fumer entrait dans le grenier.

Je n'osais pas trop bouger.

 

La maison d'à côté brûlait.

En regardant le vasistas , j'ai vu deux Allemands allongés près d'un fusil-mitrailleur, cinq ou six autres entraient dans la maison de monsieur Montazeaud, le notaire.

Toutes les maisons au-dessous : la poste, chez les docteurs Desourteaux etc....étaient en flammes , les toitures effondrées .

J'ai eu de la chance que chez moi, le feu n'ait pas pris .

J'ai vu arriver à vélo monsieur Nicolas, de Javerdat.

 

Je lui ai demandé s'il y avait quelqu'un au ras de ma maison.

 

Il a dit non et il est vite reparti .

Je suis descendu du grenier et suis rentré dans la maison : dans la cuisine et le bureau tout était cassé, écrasé .

 

Il y avait un début de feu dans les papiers, je l'ai éteint .

Je suis monté dans les chambres . J'ai sorti tous les draps , tous les habits , tout ce que j'ai pu . J'ai traversé la route pour les camoufler dans le fossé . Je ne devais rien retrouver.

A ce moment-là , j'ai vu monsieur Machefer le cordonnier, qui était descendu dans le bourg.

 

Mais il repartait et m'a dit de me sauver, que les Allemands remontaient.

J'ai quand même porté du linge dans le fossé .

Devant notre atelier, j'ai vu madame Ducharlet, de La Valade, dont les petits-enfants étaient à l'école .

 

Je lui ai dit de faire demi-tour .

:" Oh je suis vielle . Je cherche mes petits-enfants."

Une rafale de mitraillette. Nous avons entendu siffler les balles mais n'avons pas été touchés.

Je suis vite parti dans le champ de blé de l'autre côté de la route.

Il y eu une autre rafale qui a tué madame Ducharlet.

Arrivé à La Lande, j'ai trouvé madame Démery qui voulais aller dans le bourg à la recherche de ses deux enfants .

 

Je l'en ai dissuadée.


Puis je suis allé me cacher dans les bois.

J'étais nu-pied....

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